Peyragude, la pierre aigüe
Depuis des temps immémoriaux un culte païen était assuré sur cette « pierre aigüe » qui a donné son nom à Peyragude : il est en effet bien probable que nos ancêtres gaulois y rendaient un culte particulier aux sources, aux rochers, aux arbres…
Le christianisme n’a pas voulu balayer d’un coup cette tradition populaire, mais au fil des siècles du 1er millénaire de notre ère, les évêques ont souhaité la réorienter sur la foi chrétienne. Dès l’an 1000 existait en ce lieu un oratoire consacré à Notre-Dame de l’Assomption.

Le culte à la Vierge se développe
Le fait que le sanctuaire de Peyragude se trouve au sommet d’une colline le prédispose à être un lieu sacré : dans la Bible déjà, et en maints endroits du monde, la montagne est le lieu de la rencontre avec Dieu (Mont Sinaï, Mont Carmel, Mont des Béatitudes, Mont de la Transfiguration, Calvaire, Montmartre à Paris, etc.). L’histoire nous rapporte que, dès les premières décennies de l’an 1000, existait sur la colline de Penne d’Agenais un culte consacré à la Vierge de l’Assomption. La Sainte Vierge a accepté ce patronage et elle l’a montré au cours des siècles, et jusqu’à aujourd’hui, par les grâces qu’elle a répandues et qu’elle répand toujours sur ceux qui l’invoquent. Citons à ce propos le vœu exaucé des échevins de Penne d’Agenais, lors de la peste de 1653.




Un haut-lieu de pèlerinage
Malgré bien des vicissitudes, des guerres, des profanations, tout au long du 2ème millénaire, les pèlerinages se maintiennent et deviennent même importants. Le sanctuaire est plusieurs fois assiégé, démoli, reconstruit, victime des guerres et des événements divers qui ont marqué la région (Richard Cœur de Lion, croisade contre les Albigeois, guerre de Cent Ans, guerre des religions, Révolution française, …) jusqu’en 1897 où, dans un environnement apaisé, il s’avère trop petit pour accueillir la foule toujours plus nombreuse des pèlerins. Il est alors décidé de le démolir pour en construire un nouveau d’après les plans de M. Bouillet, architecte à Marmande, dont l’archevêque de Bordeaux, Mgr Lecot, posa la première pierre le 14 mai 1897. Les deux guerres mondiales du XXème siècle ralentirent les travaux mais le sanctuaire actuel de style romano-byzantin, fut finalement achevé en 1948 et consacré le 11 septembre 1949 par l’évêque d’Agen Mgr Rodié.


Quelques dates
Sous la coupole du sanctuaire, plusieurs dates apparaissent. En voici la signification :
1373
Une bulle du Pape Grégoire XI demande à l’évêque d’Agen de faire reconstruire la chapelle détruite de Peyragude
1653
La peste sévit dans la région ; les échevins et les villageois de Penne font le vœu de rebâtir la chapelle de Peyragude de Penne qui était en ruine si l’épidémie les épargne. Ce qui s’est réalisé.
1843
A la Révolution française, la chapelle avait été vendue et démolie. Il faudra attendre le concordat de 1801 pour que la religion catholique soit à nouveau tolérée. En 1843 on construisit une chapelle modeste à l’emplacement de l’actuel sanctuaire.
1897
La chapelle se révèle trop petite pour accueillir les pèlerins de plus en plus nombreux et il est donc décidé de la démolir pour bâtir le sanctuaire actuel. Les deux guerres mondiales ralentissent les travaux. Le sanctuaire actuel est consacré le 11 septembre 1949