Le récit de la Dame aux pains

La statuette miraculeuse

Les nombreux pèlerins ou touristes qui pénètrent dans le sanctuaire Notre-Dame de Peyragude sont particulièrement attirés par la chapelle de Notre-Dame de Peyragude, où une petite statuette de la Vierge domine l’autel : la statuette miraculeuse.
Cette statuette fait référence au récit de la Dame aux pains.

  Le récit de la Dame aux pains

Le texte qui est ici donné est tiré d’un bulletin publié par les Oblats de Marie, arrivés à Peyragude le 29 avril 1945 à la demande de l’évêque de l’époque, Mgr Rodié, qui leur confiait la charge du sanctuaire alors en phase finale de construction. Ils l'ont intitulé : la Vierge au pain.
Sur le promontoire aigu de Peyragude, entre deux vallées, la Vierge Marie, il y a de nombreux siècles, daigna apparaître à une humble bergère, au dire de la tradition locale. C’était en hiver, et la saison était rude aux pauvres gens. L’enfant avait conduit son petit troupeau sur ce pic inculte ; elle se mit à l’abri sous un rocher s’avançant en saillie, et là, à genoux, elle se mit à pleurer et à prier. Le froid, la neige qui survint peu à peu, glacèrent ses membres et l’enfant s’engourdit ou s’évanouit. Elle se réveilla dans les bras d’une Dame à la robe blanche étoilée d’or, qui la réchauffait sur son cœur et lui demandait la cause de ses larmes. L’enfant, toute troublée, ne savait que répondre : « J’ai faim ; mon père et ma mère ont faim ».
— Eh bien ! lève-toi vite et cours à ta mère ; dis-lui de cuire un pain pour elle, pour ton père et pour toi ; j’en veux ma part car moi aussi j’ai faim.
—  Dame ! Il n’y a pas de pain à la maison ; il y a deux jours, ma mère m’a donné le dernier morceau, et ce matin je m’étais couchée ici pour demander l’aumône à Jésus et à Marie.
—  Va vite à la maison : la pâte fermente dans le pétrin ;

Vous n’aurez qu’à la cuire. Hâte-toi : j’en veux ma part.
La voix s’était faite impérieuse ; l’enfant courut apporter à ses parents le message de la Dame. Son récit fut accueilli par un surcroît de tristesse : ils savaient trop bien que le pétrin fût vide. Pourtant, sur les insistances de leur fille, pour la faire taire, ils soulevèrent le couvercle : la pâte est là, bien levée, débordant presque.
Deux heures après, le pain était cuit. Dans leur reconnaissance, ces braves gens se hâtèrent de répondre à la demande de la Dame : « Point n’en mangèrent, dit le chroniqueur, pour l’apporter entier, tant ils étaient contents d’en avoir enfin et d’en donner. »
Arrivés au sommet du coteau, ils trouvèrent leurs brebis paissant tranquillement, mais la Dame n’était plus là. Seulement la petite bergère remarqua que son agneau préféré s’écartait du troupeau et, par ses bêlements, semblait l’appeler. Elle le suit et aperçoit dans une anfractuosité du rocher, cachée par la mousse, une statuette de la Madone : « Oh ! c’est le portrait de la Dame qui nous a donné le pain ! ».
Apportée à l’église du Mercadiel, au centre du bourg de Penne, la statue se retrouve le lendemain, et ainsi plusieurs jours de suite, à la place où elle avait été découverte la première fois. On en conclut que c’est là, et non ailleurs, que la Dame voulait être honorée.